Un jour à la fin 2006 sans savoir pourquoi, j'écoute une émission où l'on présentait le pèlerinage de Marcel Lebœuf à Compostelle.
Jamais je n'avais entendu parler de Compostelle. J'écoutais cela avec beaucoup d'intérêt et quand mon mari est arrivé de travailler je lui ai raconté, en lui disant : « j'ai écouté une émission et elle repasse la semaine prochaine. Il faut absolument que tu l'écoutes! » Il a eu lui aussi un vif intérêt pour ce chemin. Nous cherchions quelque chose pour la retraite (2008) et en même temps pour fuir un peu les difficultés dans nos vies.
Et voilà le commencement. Nous décidons de le faire en couple. Demande d'aide à l'Association, région de l'Estrie. Nous avons rencontré tellement de personnes sympathiques lors des rencontres : soit au pot du pèlerin, marches, soirées témoignages et coup d'envoi. Plein de conseils donnés qui nous ont aidés sur le chemin. Puis, entraînement, beaucoup de lecture, participation aux activités et nous décidons du départ le 8 mai 2008.
Voilà, nous marcherons pour nos deux filles, surtout pour Lucie qui était en difficultés, et nos deux petits-enfants. Tous
les jours, après qu'ils aient choisi la journée, on marchera pour un membre de notre famille et pour les amis.
Ce ne fut pas facile. En fin de compte, ce n'est pas plus facile que d'avancer dans la vie, il y a des hauts et des bas. C'est toujours un pas à la fois. On a fait de très belles rencontres avec lesquelles on est restés en contact. Surtout Jacques et Frédérique de France.
En 2010 on repart sur le chemin du Puy, pourtant j'avais dit à Serge et a plein d'autres personnes en revenant du Camino
francés, que plus jamais je ne remarcherais, c'était trop difficile et nous voilà repartis sur le chemin avec encore des
problèmes de tendinite et pour mon mari, des problèmes de genou. On a encore fait de belles rencontres : Martine et Joëlle,
Bruno et Laurent, ainsi qu'Albert. On ne comprend toujours pas pourquoi on fait cela, malgré toutes les difficultés.
On nous demande la raison qui nous pousse à nous mettre dans de telles difficultés et ce que cela nous a apporté. Et encore en 2010, on leur répond : on ne sait pas encore!
Mais le 14 novembre 2010, on a compris pourquoi!
Notre fille Lucie décède à l'âge de 38 ans. Quelle tragédie! On fait quoi pour passer à travers de cela?
Nous disions au prêtre qui préparait les funérailles avec nous : on a eu beaucoup de montagnes à monter sur le chemin de Compostelle et on a réussi, mais celle qui est devant nous, on ne sait vraiment pas comment on va faire pour la traverser!
Nous croyons que ce chemin n'est pas arrivé pour rien dans nos vies. Compostelle a mis sur notre chemin depuis un an la force et le courage d'avancer un pas à la fois. Compostelle a aussi mis sur notre chemin des amis qui nous ont beaucoup aidés par leur écoute et leur compassion.
Nous faisons ce témoignage pour remercier l'équipe de l'Estrie de l'Association Du Québec à Compostelle et aussi pour souligner l'extraordinaire travail qu'ils font pour les futurs pèlerins.
Merci aussi aux amis de Compostelle qui nous soutiennent dans cette difficile épreuve.
Un merci spécial à Yves et Georgette pour l'aide qu'ils nous ont apportée à préparer nos deux chemins et pour leur soutien depuis 14 mois.
Rita et Georges Pinard
Janvier 2012